Sur l’église tinte le Scorff


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037
Commune de Pont-Scorff
Eglise du Sacré-Coeur, Pont-Scorff
Paul de Greslan & Timothée Fetiveau
Concours lauréat, Mission complète + Relevés existant
2025-2026
16 m²
325 k € HT
Artiste Kito / Economiste EBSI / Fluides Become 56 / Structure Konstruktif
Equipements / Extension / Etudes

Sous le pont coule le Scorff. Du Scorff au centre du bourg, l’eau accompagne le cheminement des visiteurs dans le cadre d’un parcours culturel et contemplatif. Le chemin antique traverse le Pont Romain puis le bourg bas pour monter le Casse-Cou et ses nombreuses marches. A son sommet, l’on contourne l’ancienne Mairie École surmontée de son propre clocher à horloge, marquant le début de la Place des Princes. Dans un face à face sans concession, l’Église dresse son fronton qui conclut la séquence historique. Y fera t-on teinter le Scorff ?

L’avant de l’église offre l’emplacement le plus visible de ses abords, bien plus que celui du campanile actuel, qui ne se montre au regard qu’un court instant depuis la D26. Ainsi positionné, le clocher constitue un repère unificateur pour la ville, adressé à ceux qui la visite. Il est visible depuis les principaux espaces culturels, de l’Atelier d’Estienne à l’Espace Pierre de Growes.

En somme, ce clocher est un menhir moderne. Il tiendra compagnie aux passants, dans leurs joies comme dans leurs peines, pour des décennies.

Kito, sculpteur et membre du groupement

Stigmates d’un clocher fantôme

Le fronton de l’église du Sacré Cœur de Jésus porte depuis bientôt 130 ans la trace de l’œuvre inachevée de l’architecte Armand Gassis. Les chevronnières incomplètes, les raccords temporaires de zingeries et les coulures consécutives, les appuis de charpente en attente, le remplissage sommaire en moellons au centre de l’élévation, tranchant avec les pierres de taille des rives, ainsi que les ouvertures restées murées en sont le témoignage criant. De même, faute de porche, les visiteurs sont dépourvus d’un abri précédent l’entrée dans la nef.

Les campaniles se succédant à l’arrière sans jamais prendre soin de l’avant, est-il venu le temps de conclure l’attente du clocher fantôme ?.

Un clocher entre ciel et rivière

Le clocher complète l’église, à la croisée entre l’eau (le Scorff) et le ciel (le Divin). Son socle en béton bouchardé forme un porche, dont les quatre ouvertures brisées rappellent le nombre de voûtes du Pont Romain tout en évoquant formellement la porte de l’église. Il est implanté en légère avancée par rapport au fronton, inscrivant en creux le respect au patrimoine. Au-dessus s’élève le clocher vêtu d’un manteau d’ardoises.

Sur sa face avant, il dresse sur la Place des Princes une cascade de verres teintés, abat-sons des cloches qu’il abrite. Les vitraux ainsi positionnés reflètent le ciel à distance. En se rapprochant, les cloches superposées se dévoilent, ainsi que la partie sommitale dorée qui se mêle au ciel en reflets.

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